Mon enfant est intolérent au gluten

Gluten : céréales

Troubles intestinaux, douleurs au ventre, trouble de la croissance... Votre enfant vient d’être diagnostiqué intolérant au gluten. Quel sera l’impact de la maladie cœliaque (le vrai nom de l’intolérance au gluten) sur sa vie ? Et comment faire face ? Les réponses de Brigitte Jolivet, présidente de l’Association Française Des Intolérants au Gluten.

Troubles intestinaux, douleurs au ventre, trouble de la croissance... Votre enfant vient d’être diagnostiqué intolérant au gluten. Quel sera  l’impact de la maladie cœliaque (le vrai nom de l’intolérance au gluten)  sur sa vie ? Et comment faire face ? Les réponses de Brigitte Jolivet, présidente de l’Association Française Des Intolérants au Gluten.

La véritable intolérance au gluten toucherait seulement 1% de la population, mais dans ce pourcentage, on ne compterait que 10 à 20% de personnes diagnostiquées. Parfois, comme dans le cas de votre fils ou votre fille, elles le sont dans l’enfance, mais le diagnostic peut aussi être plus tardif, chez les adultes.

Attention aux effets de mode: "Gluten free"

« C’est quelques mois après l’introduction du gluten dans l’alimentation, c’est-à-dire au début de la diversification alimentaire, que les symptômes peuvent survenir : le bébé est triste, il ne grandit plus, les épisodes de diarrhées et de constipation se succèdent. Désormais, les pédiatres sont alertés et, devant ces troubles, ils pratiquent rapidement les examens nécessaires au dépistage. », note Brigitte Jolivet. Ces examens sont simples : une prise de sang qui décèlera la présence de l’anticorps anti-transglutaminase IgA, puis une endosocopie qui permettra le prélèvement d’un peu de tissu de l’intestin pour confirmer le diagnostic.

« Il est impératif, malgré les effets de mode, de ne pas entamer un régime sans gluten sans avoir pratiqué ces analyses. D’une part parce que l’on fausserait le diagnostic si l’on décidait tout de même de les passer ultérieurement, d’autre part parce qu’un régime mal équilibré, commencé sans les conseils d’un nutritionniste, peut entraîner des carences. », met en garde Brigitte Jolivet.

Le régime : le 1er traitement

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune : l’ingestion de gluten entraîne une réaction du système immunitaire qui s’attaque alors à la paroi de l’intestin. Le premier traitement est donc l’évitement du gluten, une protéine présente dans quatre céréales : le blé, l’orge, l'avoine et le seigle. « Il est tout à fait possible d’équilibrer son alimentation sans ces céréales », rassure la présidente de l’AFDIAG. « Il suffit de choisir d’autres céréales ou légumes secs : le riz, les lentilles, le quinoa  par exemple. De même, on peut faire de très bons gâteaux avec de la fécule de pomme de terre ou de la fleur de maïs. »

Cuisiner, miser sur les légumineuses, les fruits et légumes, les produits non transformés est une bonne solution quand les mamans ont le temps car les produits « sans gluten » que l’on trouve de plus en plus souvent en magasins spécialisés restent chers. « Ce surcoût est dû aux techniques boulangères plus sophistiquées utilisées pour leur confection et au fait qu’ils doivent être fabriqués dans des lieux d’où toutes traces de gluten ont été supprimées. »

Comment ne pas s’isoler ?

Si votre enfant est intolérant au gluten, parlez-en dès son inscription à la crèche ou à l’école. Un Projet d’Accueil Individualisé sera mis en place afin, lorsque cela est possible, de lui proposer un menu spécifique à la cantine. Lorsque cela n’est pas possible il sera autorisé à venir avec un panier repas que vous aurez confectionné.

Côté vie sociale, votre bout de chou doit apprendre très tôt à éviter les gâteaux, le pain, les panures etc. S’il craque une fois, sa vie n’est pas en jeu, il n’y a pas de risque de choc anaphylactique comme dans les allergies, mais cet écart remettra en action le mécanisme de destruction de l’intestin. Ainsi, un écart, une fois à l’anniversaire d’un petit copain n’est pas catastrophique mais il ne doit surtout pas se renouveler trop souvent.

« Les enfants diagnostiqués tôt se débrouillent très bien et gèrent parfaitement leur maladie en général. Souvent, c’est à l’adolescence que les choses se compliquent, avec l’envie de jouer avec les limites et les interdits, mais aussi parce que le regard des autres est important. La participation à des groupes de paroles, à des ateliers culinaires peuvent alors être précieux afin que l’enfant noue des liens avec des pairs et puissent échanger sur ses difficultés. »

Vous pourrez demander des adresses dans les services de gastro-entérologie où votre enfant est pris en charge. L’AFDIAG organise quant à elle, en plus de ce type d'animations, des séjours d'éducation nutritionnelle à la montagne, pour enfants et ados, deux fois par an.

En savoir plus: 

Le site de l'Association Française des Intolérants au Gluten : www.afdiag.fr