Activités et loisirs pour personnes âgée et malades : l’art-thérapie

Art Thérapie

Découvrez comment l’art-thérapie permet aux malades et/ou aux personnes âgées de se rassembler au travers d’activités créatives, telle que l’écriture d’haïkus, poèmes japonais.

Utiliser l’art pour apaiser, faire le vide en soi, reprendre goût à la vie ou exprimer une parole nouée, c’est le projet de l’art-thérapie. Pratiquée dans les hôpitaux, les maisons de retraites, les associations de malades, comme en cabinet, cette technique de soins de supports peut aider votre proche à se retrouver lui-même et vous, à mieux l’accompagner. La preuve avec deux types de pratiques.

L’art-thérapie : quand la créativité aide à faire face

Désormais, tout le monde connaît les coloriages étiquetés « art-thérapie » et sensés nous aider à rester zen. De fait, se centrer sur le bout de son crayon, être tout entier dans son geste, dans le choix des couleurs aide à décompresser. C’est comme retrouver cette sensation faite de concentration, de légèreté et de liberté intérieure que nous avons connue enfant, lorsque, penchés sur la feuille, nous prenions garde à ne pas dépasser les limites du dessin.

Dans les ateliers d’art-thérapie aussi,  il s’agit de créer à l’intérieur des limites. « Le cadre est à la fois un cadre de temps lié à la régularité des séances ayant un début et une fin, mais aussi un cadre plastique puisque quelques consignes sont données : le nombre de  matières à employer ou la réalisation d’un volume par exemple. Cet exercice contient et rassure les participants qui, sans cela,  pourraient être perdus, hésitants ou angoissés par une trop grande liberté. », explique Stéfany Brancaz, plasticienne et art-thérapeute à Paris.

Cadrée aussi, la pratique des Haïkus, ces petits poèmes japonais de 17 pieds et 3 strophes de 5, 7 et 5 syllabes. Pascale Senk, journaliste et écrivaine, dans son livre « L’Effet haïku, lire et écrire des poèmes courts agrandit notre vie » (éditions Leduc’s), raconte comment cette technique d’écriture a changé sa façon d’être au monde. Elle montre aussi, à travers un travail d’enquête, comment l’écriture de haïkus est désormais proposée par des art-thérapeutes travaillant avec des personnes souffrant toutes de pathologies, qu’elles soient  psychiques, somatiques ou dégénératives.

On le voit à travers ces deux exemples, l’art-thérapie peut prendre autant de formes qu’il existe d’expressions artistiques : peinture, modelage, chant, danse, théâtre, pratique instrumentale, écriture. 

 

Reprendre la parole grâce à une activité artistique

Dans tous les cas, la médiation artistique ouvre un espace où le jeu avec la matière, les sons, les mots permet de dire « Je ». Créer reconnecte avec ses éprouvés. Quand nous créons, nous sommes à l’écoute de nous-même, dans notre corps et en lien avec nos émotions. », souligne Stéfany Brancaz. « Ainsi quand la maladie provoque des angoisses de morcellement, de liquéfaction ou l’impression de se couper de son corps souffrant, se mettre au travail permet à la personne de se rassembler, d’être tout entière dans le mouvement de faire. »

Van Gogh peignait, Camille Claudel sculptait et pourtant l’un comme l’autre ont connu la maladie psychique et n’en ont pas été sauvés par leur art. Ce constat doit-il invalider l’art-thérapie? « L’art en lui seul ne guérit pas », constate l’art-thérapeute. « Nous sommes là pour accompagner, poser des mots, mais aussi regarder, encourager ce qui surgit. Même s’il ne s’agit pas de produire du beau dans un atelier d’art-thérapie, la surprise suscitée par le fait même de réussir à créer quelque chose, suffit à valoriser, à re-narcissiser le participant. C’est cette présence qui est thérapeutique. Mais les séances peuvent également changer le regard de l’aidant qu’il soit professionnel ou familial sur la personne aidée. « Ah bon, c’est lui qui a réussi à faire ça! » est une phrase que l’on entend souvent par exemple dans les ateliers proposés en EHPAD (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) avec les malades souffrant de maladie d’Alzheimer!

 

Ecrire, un loisir pour vivre pleinement

L’écriture, quant à elle, offre la possibilité, par exemple, pour un malade qui se sent « objet de soin » de reprendre sa voix de sujet, en se décalant d’un réel envahissant. Bien sûr, le journal intime est un bon outil pour ce pas de côté, mais il peut demander trop d’énergie quand la fatigue est présente, pendant des traitements lourds ou lorsque les troubles cognitifs deviennent envahissants. « Le poème court avec ses trois lignes ouvre à la rêverie en même temps qu’il permet de saisir des petits instants précieux, fugaces. C’est ce que j’appelle des « capsules de vie », des petits cailloux de vie, que l’on garde. Ils contiennent et disent aussi bien la beauté, l’émerveillement que le chagrin, la colère, tout ce qui constitue l’impermanence de l’existence », s’enthousiasme Pascale Senk.

« Chambre d’hôpital/Il recherche l’horizon/au fond de mes yeux » (sophie-copinne). Voici un haïku d’aidant que la journaliste a récolté sur le site Welovewords.com. De fait, comme en témoigne le livre de Michel Onfray, « Avant le silence, une année en haïku »(éditions  Galilée) écrit pendant le cancer de son épouse, les haïkus peuvent aider l’aidant à dire la douleur, l’inquiétude, comme à se réjouir d’un moment partagé.

 

L’occasion au fond d’être plus présent à soi-même et à la relation pour mieux vivre et accompagner la maladie.